lundi 14 septembre 2009

À L’IMPUISSANCE DES MAIRES FACE AUX INONDATIONS

L’Etat joue t-elle sa partition ?
Dans la banlieue dakaroise et pratiquement dans la plupart des villes des villes du Sénégal, les populations sont dans les eaux du fait des fortes précipitations enregistrées cette année sur l’ensemble du territoire national. Les collectivités locales ne disposant pas de moyens financiers nécessaires pour faire face à la désastreuse situation, les populations sont dans un désarroi total et se disent  être laissées à leurs propres sorts. De quoi se demander si les nouveaux maires seraient incompétents ? Et, d’une autre part, quelle est effectivement la partition jouée par l’Etat dans la gestion des inondations ?


Les images ou clichés des populations dans les eaux des pluies stagnantes mêlées dans certains endroits aux eaux usées des canaux d’évacuations, sont parfois insoutenables. La situation des familles sinistrées est dure, c’est un véritable calvaire qu’elles vivent au quotidien. Le rapport du bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) des Nations Unies avance un chiffre de 30 000 foyers sénégalais dans les eaux. Par ailleurs, le sentiment d’impuissance de nombreux maires, et notamment de ceux des communes d’arrondissements de Dakar et des communautés rurales qui disposent de peu de moyens, et qui sont démunis face aux responsabilités qui leur incombent en matière de prévention et de gestion des inondations, mais également de gestion de crise, impose de mettre en œuvre une solidarité à l’échelle locale et nationale très rapidement. Mais, c’est à se demander quelle est la partition jouée jusque là jouée par l’Etat ? Vue la situation des habitants de la banlieue, le pouvoir a devrait trouver les moyens d’intervenir en appui aux maires, en amont des crises, pour la gestion des inondations et de ses effets probables, en participant à la préparation de cartographies des zones inondables et inondées. La solution n’est toujours pas trouvée. Les maires ont d’ailleurs tous renvoyé la balle à l’Etat faisant lançant ainsi appel pour secourir les sinistrées comme c’est le cas du maire de la commune d’arrondissement de Sam Notaire, Adja Dieynaba Fall. Un aveu d’incompétence pour certains observateurs de la scène politiques qui trouvent que les maires ont une attitude attentiste face à l’hivernage. Car, dans le cadre de la coopération décentralisée, pourquoi les élus locaux ne cherchent pas à établir, par exemple, un jumelage avec d’autres villes à travers le monde en vue de nouer des partenariats extérieurs ? D’autres par contre pensent que les collectivités locales du Sénégal, gérées cette années par de nouveaux maires issus en majorité de la coalition Benno, seraient délibérément bloquées quelque part par le pouvoir qui prendrait sa revanche sur les élections locales de mars dernier. Vrai ou pas, la réalité est que le plan Orsec n’a pas encore porté ses fruits et dans certains quartiers les populations n’ont pas reçu la visite des autorités locales. Il est donc urgent de clarifier les responsabilités mais, en privilégiant les intérêts des populations par une approche de terrain en direction des habitants. Car les inondations peuvent avoir des conséquences graves avec des risques de voir certaines épidémies comme le cholera refaire surface.
A l’échelle nationale, il est dés lors impératif de susciter un débat public entre techniciens des collectivités locales et aménagistes urbains permettant notamment d’évaluer le risque d’inondation à Dakar et dans les autres régions et les suites données aux différentes initiatives comme le plan Jaxaay visant à trouver une solution définitive.
Rokhaya THIAM

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